Comment déguster le vin en trois étapes ?

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Si vous avez envie de vous intéresser de plus près au vin et à la dégustation, il y a une étape importante à franchir ; la manière et la méthode que vous allez utiliser pour déguster le vin.

On peut comparer cela à l’apprentissage d’une langue, tous comme nous pouvons avoir peur d’être ridicule lorsque l’on essaie de dire que « Brian est dans la cuisine » dans la langue de shakespeare, nous pouvons avoir des sueurs froides à déguster un vin et exprimer ce que l’on ressent.

Lancez-vous ! le cap, une foi franchis, vous apportera énormément de plaisir.

Détaillons maintenant une méthode simple pour déguster le vin et vous faire plaisir lors d’une dégustation.

Première phase de la dégustation du vin : le visuel

Observer le vin

Image : La première phase de la dégustation : observer le vin

La première chose que vous pouvez faire lorsque vous vous apprêtez à déguster un vin, c’est tout d’abord de l’observer. C’est avec la vue que vous allez pouvoir déceler les premiers indices de cette boisson magique.

En premier lieu, vous pouvez observer la couleur du vin. Si vous êtes débutant comme moi, vous pouvez simplement essayer de mémoriser sa couleur. Est-elle plutôt rubis, plutôt marron ? Je vous conseille de la noter sur une fiche de dégustation (un article sur le blog sera consacré à ce sujet afin de vous aider quant aux critères de dégustation).

Fond neutre pour observer le vin

Image : Utiliser un fond blanc pour avoir un référentiel identique à chaque dégustation.

Pour bien apprécier la couleur d’un vin, une chose importante est de la regarder sur un fond blanc. Lorsque vous allez dans un restaurant qui a à cœur de servir du bon vin, vous pouvez constater que les nappes sont blanches. Cette attention particulière peut réjouir les amateurs de vin, leur permettant ainsi d’avoir une base identique de référence et de pouvoir mieux apprécier le couleur de leur vin. Si vous regardez le vin avec un fond d’une autre couleur, vous serez alors dupé par le mélange entre la couleur du fond et la couleur de votre vin. J’insiste donc sur ce point : essayez d’avoir le même référentiel, le blanc étant le plus simple et le plus courant.

Vous pouvez ensuite observer la transparence du vin. Pour cela, rien de plus simple que de mettre ses doigts derrière le verre. Constatez sur une échelle de 1 à 5 le niveau de transparence et notez-le.

Même si c’est un critère beaucoup plus rare aujourd’hui, vous pouvez également constater si le vin est plus ou moins trouble. On entend par là le fait que le vin présente ou non un dépôt. Il faut savoir que le dépôt n’est pas un défaut du vin, loin de là. Tout dépend si le vin a été filtré ou pas et, le cas échéant, à quel niveau. Mais sachez que de manière générale, le dépôt du vin est un critère de qualité et montre que le vin a bien vieilli.

Larme du vin

Image : Les larmes du vin donnent des indications sur le vin.

Enfin, vous pouvez observer les larmes du vin. Rassurez-vous, il n’y a rien de triste dans l’histoire 😉 les larmes du vin se créent lorsque vous inclinez légèrement votre verre et que vous le remettez ensuite à l’horizontal. Vous allez voir, comme par magie, de petites coulées qui restent accrochées sur la paroi de votre verre. Les larmes d’un vin nous permettent d’apprécier son niveau d’alcool. Plus un vin est alcoolisé, plus les larmes seront épaisses. De la même façon que pour les observations précédentes, essayez de noter les larmes du vin sur une échelle de 1 à 5.

Deuxième phase de la dégustation du vin : le nez

Il est maintenant temps de sentir le vin. Premier conseil : inutile de fatiguer votre sens olfactif ; allez-y progressivement. Le nez se fatigue très vite. Vous verrez que si vous inspirez plusieurs fois de suite avec de grandes inspirations, vous sentirez davantage le picotement que les arômes de votre vin.

Voici ce que je conseille de faire.

Premièrement, approchez délicatement vos narines (ou une seule) à un ou deux centimètres au-dessus du verre et inspirez légèrement pour amener les arômes du vin jusqu’à votre conduit nasal. À cette distance, vous allez facilement les percevoir. Vous pouvez essayer de chercher quel parfum vous sentez. Ne vous limitez pas, notez ou dites tout ce que vous sentez !

Deuxièmement, vous pouvez approcher votre narine dans le verre. Soyez rassuré, le vin n’attaque pas. Avec cette deuxième approche, vous pourrez apprécier l’alcool du vin. Vous sentirez s’il est plus ou moins fort. De la même façon, notez ou dites ce que vous sentez et ressentez.

Cette étape peut être assez forte émotionnellement car les odeurs peuvent nous rappeler des souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais. Notons que la mémoire olfactive est particulièrement intéressante.

Troisième phase de la dégustation du vin : la mise en bouche

Il est temps de mettre en bouche une gorgée de notre verre. Après avoir tant attendu et observé ce vin, lançons-nous.

Petite ou grosse gorgée, c’est à vous de voir. Pour ma part, je préfère prendre une quantité assez modérée car cela permet de mieux faire naviguer le vin en bouche. Pour être complètement analysé, il est inutile d’avaler immédiatement votre gorgée. Non, tout ce passe en bouche ; c’est pourquoi lorsque vous dégustez plusieurs vins, il est tout à fait convenable de recracher. Personne ne vous en voudra !

Vous allez faire naviguer le vin dans votre bouche afin qu’il puisse être exploré par des zones aux sensibilités et perceptions différentes.

Commençons par l’entrée de votre bouche. Le bout de votre langue va permettre de détecter le côté salé du vin.

L’arrière de votre langue, quant à elle, va permettre de discerner la note sucrée.

Les côtés de votre bouche (au niveau de vos gencives et de vos joues) vont être sensibles au tanin du vin. Vous savez… lorsque vous avez cette sensation de dessèchement des gencives.

L’accès direct, par le biais du pharynx, entre votre bouche et votre nez va permettre de détecter tous les arômes du vin. Eh oui ! Sans votre nez, impossible de détecter le moindre arôme. Difficile donc de goûter à un vin lorsque l’on est malade. Mieux vaut reporter la dégustation. Vous pouvez néanmoins, si vous avez le nez bouché, faire l’expérience et tester une dégustation… vous verrez que les arômes vous sembleront neutralisés.

D’une manière plus générale, vous allez détecter la texture du vin grâce à votre bouche. C’est une question de sensation. Encore une fois, c’est l’expérience qui fera la différence et vous rendra de plus en plus aguerri.

N’hésitez pas à garder votre gorgée en bouche plusieurs secondes (au moins une dizaine) afin que vous ayez le temps de bien l’apprécier. D’ailleurs, prendre son temps est un des critères essentiels. La pause-déjeuner d’une demi-heure au travail n’est donc pas le meilleur moment pour déguster un vin. Un bon vin mérite le temps que vous allez lui consacrer ; c’est le minimum.

Le plus de l’expert: la rétro olfaction

Lorsque vous serez plus à l’aise avec cette technique de dégustation, une astuce est de réaliser une rétro-olfaction. Il s’agit d’injecter de l’air dans votre bouche afin d’aérer le vin et permettre à votre fosse nasale de percevoir ses arômes dans de meilleures conditions. Si c’est la première fois que vous tentez l’expérience, prenez garde à votre chemise car c’est un coup à prendre ! N’ayez crainte, je suis passé par là aussi ; la machine à laver risque de fonctionner souvent.

Apprécier la longueur du vin

La dernière phase de la dégustation va se jouer avec le temps. On va chercher à apprécier la longueur d’un vin. Autrement dit, il est question de percevoir la durée pendant laquelle les arômes restent en bouche et ce, que l’on ait bu ou recraché le vin. Il s’agit également de ressentir la façon dont ces arômes évoluent.

Attention aux effets de l’alcool

Il est bon de savoir que les effets de l’alcool vont, petit à petit, atténuer les capacités des papilles à détecter les arômes. Si vous goûtez plusieurs vins, mieux vaut donc recracher pour éviter d’avoir une appréciation de plus en plus faussée.

Comme nous sommes sur la notion du temps, il est important de signaler qu’il est indispensable de prendre son temps pour goûter un vin. Concentrez-vous, essayez de mémoriser chaque détail et notez-les.

C’est avant tout un plaisir et vous verrez qu’en automatisant ces pratiques, vous prendrez de plus en plus de plaisir et chercherez à découvrir les secrets de chaque vin comme l’a si bien dit Salvador Dali.

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